|
Si l'idée vous venait de faire construire en République Tchèque, vous commencerez d'abord par vous ôter toute barrière stylistique… Maison inclassable et un peu incongrue dans le paysage environnant, ce petit volume tout de rose vêtu possède un intérieur aussi surprenant que son aspect visible au regard de tous. Poussons la porte de ce monolithe rose, et… Oh, surprise ! Ambiance verte ! Imaginez un petit habitat constitué d'espaces tout ouverts, juxtaposés les uns à la suite des autres, et dont l'escalier prend la forme d'une grande rampe dans lequel est d'ailleurs aménagé un coin bureau… L'agence HSH architekti a imaginé un projet on ne peut plus original, dans lequel les amis peuvent dormir sur un sol en pente (et quelle pente !), où les garde-corps sont de simples filets, où des crochets insérés dans le plafond permettent de suspendre n'importe quel hamac ou balancelle, et où la séparation des espaces nuit et jour n'existe plus.
Evidemment, je vous aurai prévenu : si l'idée vous venait de faire construire en République Tchèque, vous commencerez d'abord par vous ôter toute barrière stylistique… Mais personnellement, je trouve le projet intéressant pour une petite maison de week-end, et il a le mérite de bousculer les codes reçus.
Tags associés : architecture originale, conception avant-gardiste, escalier rampe, cabane moderne, montagne, rose
Jeudi 17 Juin 20102 commentaire(s)
La vallée de l'Arve, plus connue sous le nom de vallée du décolletage, a souffert d'un gros manque de cohérence urbanistique en voyant se côtoyer, au fur et à mesure de l'essor de l'activité au cours du XXème siècle, bâtiments industriels, entrepôts, vieilles fermes rurales et bâtiments d'habitation divers, maisons ou immeubles. Certaines activités industrielles étaient alors directement annexées aux maisons des entrepreneurs qui, désormais arrivés à l'âge de la retraite, se retrouvent avec de vieilles friches industrielles dont ils ne savent plus quoi faire. Ce projet de loft, situé à Marignier, m'a été confié afin de réhabiliter la première partie d'un bâtiment artisanal issu d'un partage patrimonial, avec pour contrainte de ne pas pouvoir toucher à la partie appartenant aux autres héritiers. Un certain nombre de points négatifs furent observés par rapport au Plan d'Occupation des Sols actuel de la commune, et j'entrepris de les mettre en conformité, dans la mesure où cela s'avérait possible. Grâce à une collaboration étroite avec les différents services instructeurs du permis de construire, des compromis furent trouvés pour satisfaire à la fois les exigences du maître d'ouvrage et celles de l'administration. Le maître d'ouvrage et moi-même avons rencontré le maire afin d'obtenir son accord de principe avant de déposer le permis, je pris le temps de réexpliquer tout le projet à l'instructeur de la Communauté de Communes Faucigny-Glières, mais cela ne suffit pourtant pas à éviter de grandes polémiques au sein de la commission d'urbanisme… qui débouchèrent sur un refus pur et simple de notre projet de réhabilitation. Le permis de construire fut refusé sur la base de deux - aggravation d'un problème de prospect : l'angle sud-ouest du bâtiment existant se situant à une distance au voisin de 3,88 mètres au lieu des 4 mètres autorisés par le POS, le fait de rapporter une isolation extérieure visant à respecter les nouvelles exigences en terme d'isolation thermique présente une aggravation qui n'est pas encore abordée dans les textes législatifs actuels
- le second point sur lequel s'appuya le refus fut un non-respect des pentes de toiture, exigées par le POS à 40% minimum
Un recours grâcieux fut donc déposé auprès de la Mairie, visant à faire comprendre que la partie de toiture refaite du bâtiment existant ne représentant qu'un sixième de la longueur totale du bâtiment, un volume avec une toiture de pentes à 40% serait totalement disgracieux et dépourvu de sens. Un nouvel entretien avec la mairie fut obtenu, au cours duquel j'eus confirmation que le projet n'était en réalité refusé que sur des raisons esthétiques, et l'on insista pour nous faire refaire le projet, certains membres de la commission émettant une hostilité assez tenace vis-à-vis de ce projet faisant encore trop "usine", remarque assez déroutante étant donné la marge de manœuvre du projet par rapport à l'intégralité de l'atelier existant ! A tout hasard, je posai la question du problème de l'aggravation de prospect… et l'on me glissa que l'administration n'en tiendrait alors pas compte en cas de nouvelle proposition esthétiquement satisfaisante, le but étant de montrer davantage que le projet est bel et bien une habitation (avec un beau toit bien traditionnel selon les représentations mentales des enfants de maternelle) et non une usine ! J'eus du mal à contenir mon exaspération vis-à-vis de l'inculture architecturale largement répandue au sein des commissions d'urbanisme, mais par manque d'expérience, je pris tout de même la décision d'aller demander conseil au CAUE (conseils d'architecture, d'urbanisme et d'environnement). Entre professionnels de l'architecture, le courant passa assez bien et le conseiller parut assez enthousiasmé par le projet, me conseillant vivement de ne pas refaire la moindre esquisse, et en m'accordant immédiatement le soutien du CAUE en adressant une lettre directement à la commune de Marignier.
Evidemment, cette lettre ne pouvant avoir de valeur juridique (en tant qu'avis d'expert) qu'au cas où la situation irait jusqu'au tribunal, il n'y eut pas le moindre revirement de position de la part des services concernés, et le mur administratif qui se dresse encore devant nous ne semble pas prêt de vouloir s'écrouler. Dommage… Que faire ? Attendre une clarification des lois vis-à-vis de l'architecture, du Grenelle de l'environnement, des Bâtiments à Basse Consommation ? Faire de l'architecture, c'est 20% d'inspiration, 10% de conception, et 70% d'énergie à essayer de se faire entendre par des sourds. A quand, une formation de culture architecturale minimum, pour les membres des commissions d'urbanisme ? Pour rappels : * l'objectif du Grenelle Environnement est de réduire de 38%, d’ici à 2020, les consommations d’énergie dans le parc des bâtiments existants, et de 50% les émissions de gaz à effet de serre. En Haute-Savoie, pour parvenir à de tels résultats, la mise en place d’un isolant intérieur est désormais totalement inadaptée. * les conclusions du Grenelle Environnement ont prévu la réalisation d’une quinzaine de « grands projets d’innovation architecturale, sociale et énergétique » et au moins un EcoQuartier, avant 2012, dans toutes les collectivités qui ont des programmes de développement de l’habitat significatif (communiqué du Conseil des ministres du 04/11/2009). Pour tenter de convaincre les possibles détracteurs de l’architecture contemporaine, dont ceux qui étaient présents à la Commission d’Urbanisme, j’insiste sur les termes « innovation architecturale ». On n’atteint pas de nouveaux objectifs énergétiques en méprisant toute évolution technique et tout nouveau matériau. L’architecture est le reflet d’une époque. Lorsque l’on accepte de se servir d’une voiture, d’un lave-vaisselle, d’avoir l’électricité et l’eau courante, l’on se doit d’accepter également de voir des architectures qui ne ressemblent plus aux maisons traditionnelles « quatre murs un toit 2 pans ». L'architecture dite contemporaine résulte de nouvelles exigences qui n’existaient pas lors de la construction des habitations qui ont constitué nos références mentales.
Tags associés : refus de permis de construire, recours amiable, commission d\'urbanisme, rehabilitation, Rehabilitation, usine, decolletage, loft
Samedi 29 Mai 20106 commentaire(s)
La ville de Hong Kong, mégalopole où la densité de population dépasse les 6300 habitants par km2, est devenue l'une des plus chères au monde du point de vue de l'immobilier. A titre indicatif, même en tant que locataire, il vous faudrait débourser au minimum 700 euros de loyer mensuel pour pouvoir vous loger. Dans les quartiers les plus chics, les prix peuvent parfois dépasser les 12000 euros le m2 à la vente (15000 euros le m2 pour le quartier du Peak, le plus cher, avec vue sur le port et la mer), ce qui est très largement supérieur aux prix qui sont pratiqués dans une ville comme Paris, par exemple. Là-bas, les banques n'étant pas autorisées à financer plus de 70% du prix du bien immobilier, l'optimisation des petites surfaces est inévitablement devenue un art de vivre. Gary Chang, architecte de formation, a racheté l'appartement familial, d'une surface de 30 m2. Par un jeu savant, non pas d'ombres et de lumières (comme dirait Le Corbusier), mais de cloisons et de modules amovibles, Gary a réussi l'exploit de créer un appartement offrant jusqu'à 24 pièces différentes !
Tags associés : hong-kong, petits espaces, gain de place, astuces d\'amenagement, metamorphose, espaces
Mercredi 26 Mai 2010Poster un commentaire
La bibliothèque d'Exeter (New Hampshire) a été créée en 1972 par Louis Kahn. Elle est, comme le Salk Institute, une des œuvres majeures de cet architecte décédé en 1974. On y retrouve ses matériaux de prédilection, qui sont la brique, le béton brut, le bois, ainsi que la lumière naturelle. Ce court-métrage d'animation, réalisé par Alex Roman en images de synthèse (logiciels 3dsmax, Vray et Premiere), constitue un travail plein d'émotion et de poésie, qui saura ravir ceux qui ne l'ont pas encore découvert. Asseyez-vous confortablement, et ouvrez grands les yeux et les oreilles ;-) Et pour ceux qui en redemandent encore, rendez-vous sur vimeo pour visionner un autre court-métrage d'Alex Roman, intitulé "the Third and the Seventh" (en hommage aux troisième et septième arts, soit la photographie et le cinéma). Kahn's Exeter Short Film from Alex Roman on Vimeo.
Tags associés : bibliotheque exeter, louis kahn, alex roman, infographie 3dsmax vray premiere, Bibliotheque, philips, exeter, louis, kahn
Jeudi 13 Mai 2010Poster un commentaire
Le Salk Institute (Etudes de Biologie) a été construit en 1966 à La Jolla, en Californie. Œuvre remarquable de Louis Kahn, elle a été, entre autres, souvent utilisé comme décor au cinéma… Louis Kahn est un de mes architectes préférés. Il est de toute évidence l'un des architectes majeurs du XXème siècle, qui a su mettre en avant, comme Le Corbusier (qui l'inspira au travers de son livre Vers une architecture), la beauté du béton brut.
Le Salk Institute, comme beaucoup d'autres réalisations de Kahn, différencie les espaces servants des espaces servis. Ici, des niveaux techniques intermédiaires (espaces servants) ont été créés plus bas que les plateaux des laboratoires. Mais l'un des apports majeurs de Louis Kahn est sa recherche de la monumentalité et de la spiritualité. La position du Salk Institute, face à l'océan, bénéficie en outre d'un environnement exceptionnel, dont la lumière de chaque instant est une poésie que l'opposition entre l'austérité du béton et la douceur du bois vient encore accentuer. Tags associés : Salk Institute, Louis Kahn, beton brut, brutalisme, Salk, institute, louis, kahn
Mardi 11 Mai 2010Poster un commentaire
|
Publicité
Buzz in Conf' Ã donf'
Rubriques
Liens partenaires
Newsletter
Derniers commentaires
Cherche et trouve !
A lire également à ce sujet
|
